Publié par : Marie-blandine | 4 octobre, 2009

Histoire de J.: porno au 4ème étage, une perspective féminine.

french-flag Mon amie J., avec qui je passe le plus clair de mon temps, qui vit au quatrième étage dans le bâtiment en face le mien et souhaite maintenir son anonymat, m’a récemment avoué qu’elle avait reçu, par son abonnement de club vidéo, un film porno. Elle n’a aucune idée comment il est arrivé la, dans sa file d’attente (en anglais, « queue ») et encore moins dans sa boite aux lettres. Je lui ai fait joyeusement remarquer qu’utiliser comme mot de passe « fuckme2 » (baisemoiaussi), c’était, très franchement, un peu crier au loup et chercher les ennuis. Elle a répliqué en disant que ce n’est pas parce que sa vie sexuelle est  disons…insuffisante, qu’elle ne peut pimenter çà et là son existence.  Bon, je reconnais que le film, obscurément intitulé « La Grande Dérouille », pouvait faire penser à un film policier ou d’espionnage. Et ma copine, l’espionnage, elle connait…En rentrant chez elle l’autre jour, elle a trouvé dans son salon deux (2) agents du FBI en costume sombre et cravate et tout, en  train d’interroger son mari, juste après que son beau-frère ait été arrêté pour avoir en…..é le Département d’Etat pendant 30 longues années…Cet événement traumatisant peut expliquer ce qui a poussé J., qui souhaite toujours rester anonyme, à commander le film perturbateur. Il s’agissait d’un effort louable pour chercher  à comprendre la vie secrète de son B.F (B.F sera désormais utilisé pour désigner le beau-frère tristement célèbre, dans le but de protéger la susceptibilité de mon amie dans cette affaire).

 Il est certain que le Dr Sigmund aurait beaucoup à dire sur la méprise inconsciente mais oh combien pratique du titre « La Grande Dérouille ». Mon esprit dérangé suggère néanmoins que ceux qui ont crée la langue française  en savaient déjà long sur l’affreux sort des amants en matière de mensonges et trahisons…

Mais alors, vous demandez vous à juste titre, qu’a donc fait J.  avec le DVD, une fois qu’elle la eu entre les mains ? Bien évidemment, intriguée par un film qu’elle ne se souvenait plus avoir commandé, J., 72 ans, a pu regarder premier film porno d’une existence sans vice. « Mais ils montrent les organes et tout le bazard ! » s’exclame t-elle en me relatant les faits. S’exclamer, dit le dictionnaire, c’est « exprimer avec surprise, horreur ou joie ». Les trois expressions y étaient, je vous l’assure. « Ben, J ., c’est tout le principe je crois. Les organes dans toute leur gloire, en couleur et avec en prime les fluides corporels”. Ces films sont censés être faits pour les hommes, et les hommes, dit on, sont “visuels”. J’adore les euphémismes.

J’admets moi-même bien volontiers  ne pas être totalement indifférente au porno, ne dédaignant pas regarder à l’occasion. La définition de la dite occasion restera  à préciser. Je pense que d’une certaine façon, cela démystifie le sexe, ce qui n’est pas toujours une mauvaise chose. Non mais c’est vrai, par exemple…vous avez vraiment le béguin pour un type…et là, toc, vous avez toutes les pensées parasites qu’une femme honnête a en pareilles circonstances…. Le vernis de mon  petit ongle est il écaillé, la cellulite sur ma fesse gauche est elle vraiment visible ou bien, et cela est tout à fait surprenant car vous n’avez aucune intention de mettre vos ébats sur pellicule…mes organes génitaux sont ils photogéniques ? Alors  que là, sur l’écran, certaines d’entre nous, ou plutôt, certaines d’entre elles, vous déballent tout, absolument tout, cellulite, orifices béants et assoiffés de sexe…et personne n’a l’air offensé  le moins du monde. C’est ce que j’appelle mettre les choses en perspective.

 

Dernière minute : J., après lecture de ma chronique, souhaite porter à votre connaissance les rectifications suivantes :

-          Je n’ai pas 72 ans mais 71 et 8 mois, espèce de blairote.

-          Mon mot de passe n’est pas « baisemoiaussi » mais « vatferfoutre »  ce qui change beaucoup de choses dans la perception de ma moralité, et je l’ai choisi uniquement parce que j’étais très en colère contre mon mari ce jour là, car aucune femme élévée dans le respect de la religion comme moi n’utiliserait ce mot,  que l’ECRIRE fut un soulagement significatif et un grand pas dans mon existence,  et que c’est à présent sans aucun nul doute l’un de mes mots préférés. Sa concision est inbattable et ne peut prêter à confusion.  Merde alors .

Publié par : Marie-blandine | 3 octobre, 2009

Porn and Lies, a Woman’s Perspective

us-flagMy friend J., the one I spend most of my time with, lives on the 4th floor of the building across the yard from mine and wishes to remain anonymous, recently told me she got a porn film by mistake from Netflix. She has no idea how the infamous thing ended up in her queue, let alone in her mailbox. I gleefully remarked that using “fuckme2” as a password was calling for trouble. Or be mistaken for a cry for help. She retorted that just because her sex life was er…. inadequate, did not mean she could not spice up her life in little installments. Granted, the film, obscurely entitled “Lie with me”, could easily have passed for a spy movie.  In fact, J. recently found two (2) FBI agents in ties, black suits and all, interrogating her husband in their living room just after her brother-in-law had been arrested for f… the State Department for thirty long years.  This traumatic event may be in part what eventually caused J. , who still wishes to remain anonymous…to order the distressing movie, in a desperate attempt to make sense of her B.I.L’s secret life (B.I.L shall be used for further reference to my friend’s ill-famed family member in order to protect her sensitive feelings).

I am sure Dr Sigmund would have a lot to say, on the unconscious but oh so convenient confusion of meanings between “Lie” and “Lie”.  My own disturbed psyche suggests that whoever is responsible for creating the English language knew all about the terrible fate awaiting lovers in terms of deceit and manipulation. But then of course I have a warped mind.

So, you may rightfully ask, what did J. do with the movie once it got there? Well of course, intrigued by a film she did not remember ordering, J., age 72, was able to watch the first porn in her vice-deprived existence. “They show organs and all”, she exclaims. The dictionary definition of exclaim is “to utter with surprise, horror or joy”. All three expressions were there, I can assure you.  “Well” I said, that IS the point I think, J. Organs in full splendor, color and bodily fluids” These films are meant to be for men, they say. And men, they also swear, are “visual”. I love euphemisms. 

I admit to not being indifferent to porn myself. Even quite enjoy watching it on occasions. The definition of which occasions remains to be elaborated on. I believe it demystifies sex somewhat, not always in a bad way. I mean, you  really fancy this guy… and yet you get all these parasitic thoughts any honest woman gets, about whether your nail polish on your little toe is chipped or your cellulite on your right butt cheek is too obtrusive or even, however stupid this may sound since you have no intention whatsoever to have your frolicking captured on screen or film, you worry about the aesthetic properties of your private parts…. And there you have some of us, or rather, some of them, baring it in front of the camera, jelly bodies, gaping, hungry orifices and not one man appears to be put off. This is what I call perspective.

Last minute: J., who read my column, wishes me to bring the following corrections to your attention:

-          I  am not 72 but 71 and 8 months, you stupid French woman!

-          The password was actually “fuckyou2” and not “fuckme2” which not only makes a whole lot of difference as to my morality but also testifies to how pissed off I was, with my husband, I think, that day, as no woman with my upbringing would use such an indelicate word in any sentence. However it was a big step to even write it and now it is one of my mostest favorite words because it is so succinct its meaning is unescapable. God Bless!

Publié par : Marie-blandine | 25 août, 2009

La vieille dame “indigne”

Depuis les USA, je regarde TF1 sur le net…et je vois un reportage dont le ton m’atterre. Et m’émeut. J’aimerais vous faire partager mon sentiment, et aussi la perspective d’une autre culture sur cette affaire…”Dieu Soit Louart”

Scandale dans un village de l’Indre. Une centenaire vient de mourir, laissant à la municipalité de son village 1.6 million d’euros. L’impertinente assortit son legs de conditions qualifiées de loufoques. Les caméras s’activent. Les langues se délient, la méchanceté avec. La vieille dame n’était pas connue pour être riche. C’est son premier délit. Elle aurait dû sans doute rouler en Porsche et entretenir des gigolos.

Léguer 1.6 million pour construire des logements sociaux, et oser poser quelques conditions, c’est franchement honteux dans notre pays. Non seulement le maire, “obligé d’accepter le leg sous conditions”, pauvre homme, ne voit pas d’un bon oeil la construction de logements pour des pauvres…mais il doit poser une plaque en reconnaissance à la mairie, prendre en pension deux tableaux aimés par la mamie millionaire , et baptiser une rue en son nom….C’est pas malheureux, çà, Maaame Michou ? 
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Publié par : Marie-blandine | 14 août, 2009

Fonte des glaces : Americana Puritana

french-flagLe banana split, dit la légende, fut inventé près de Pittsburgh en 1904, par un jeune pharmacien répondant au  nom pétaradant de David ‘Doc’ Strickler. Avec sa banane -coupée en deux, je vous l’accorde- ses boules de chaque côté et ses injections de chantilly, voila un dessert lourd…de sens, à ne pas mettre entre toutes les mains.  Pour un contemporain de Sigmund l’autrichien, c’était fort.

D’un autre côté, Sigmund lui-même fut souvent photographié un cigare à la main. Même à la Maison Blanche, on les fumait sous les bureaux, hein, Monica?

L’été est rude pour les règles de bienséance. C’est sur le trottoir que çà se passe. Je croyais le sud de la France particulièrement affecté, avant d’arriver aux Etats Unis. La différence, je pense, est l’innocence totale avec laquelle les atteintes  aux bonnes moeurs sont perpétrées ici. Je passe sur les épouvantables minijupes ou shorts portés sur tous les gabarits, à tous les âges… accompagnées des inévitables tongs, que l’on nomme fort à propos “flip flops” en anglais, sans doute une référence à la démarche de canard fainéant qu’elles confèrent…. Ce qui me perturbe réellement, ce sont les glaces.

Il y a des plaisirs qu’ils vaut mieux circoncire, euh, circonscrire à la sphère privée.  Reconnaissez qu’enfourner en public un cône glacé puis lui faire subir les derniers outrages devant tout le monde n’est pas dépourvu de certains frissons, dont la température de la friandise n’est pas responsable. Un cône, deux boules, voilà réellement un plaisir qui ne se savoure pas  avec une élégance décontractée devant témoins.

Quelle ne fut pas ma surprise, ce midi, prenant une petite pause sur le parvis devant nos bureaux, de voir arriver un couple muni d’une gâterie  qui, dans notre pays, ferait pouffer de rire la population. La petite coupe carrée en gaufrette est surmontée d’une crème glacée (ice cream pour les franchement ignares) dont la forme n’admet aucune équivoque. Voilà les tourtereaux qui s’installent à la table d’à côté, sous mes yeux ébahis, et entreprennent, chacun pour soi, concentrés sur l’ouvrage, de taquiner l’oblong iceberg avec la langue. Je regarde autour de moi, sonde le regard de ma collègue. Personne ne semble perturbé par le spectacle.  Je décide de garder pour moi mes émotions, mais trouve très difficile de me concentrer sur notre innocente conversation.

La femme, surtout, me fascine. Elle regarde sa friandise avec les yeux de l’amour. La tourne, la retourne. Sa tension monte, c’est visible. Et toc, un coup de langue. Elle change de côté, ajuste la langue, et toc…Christine et moi passerons 10 minutes  à deviser sans dévier sur notre weekend, nos amis, notre promenade de samedi, alors que deux chaises plus loin se déroule une scène dont la lente obscénité résultera en une castration inéluctable, perpétrée à coups de langue par une femme  au zèle impitoyable, qui se renversera enfin sur sa chaise en métal, l’air repus, l’oeil torve, le ventre apaisé.  Alors, heureuse?

Je respire. En France, j’aurais pu rire de la scène avec mon interlocutrice, proférer des grossieretés jubilatoires, bref, me soulager. Ici, une seule mention ironique sur la signification peu subliminale des faits se heurterait à l’incompréhension choquée de mon entourage.  C’est un ajustement permanent.

Les américains sont polis et chaleureux avec autrui. Il faut le savoir.  ”Have a good one!”  dit on à Pittsburgh en prenant congé de quelqu’un. Mot à mot : ”Prenez-vous en une bonne!”. De journée, pardi. On a l’esprit vraiment mal tourné dans notre pays… Pour preuve, le banana split. A Cassis, près de Marseille, un restaurant a longtemps mis sur la carte un dessert américain à la banane, servi aux dames sans cuiller, à manger à la main exclusivement. Rebaptisé “Rêve de Jeune Fille”.

Publié par : Marie-blandine | 14 août, 2009

Zee Mulch

us-flagThe sound of the word does not conjure up any bucolic feeling in a French person. It rather evokes some substance made of too ‘much’ of the infamous five-letter word in the French language, used to describe anger and frustration by referring to a somewhat offensive body waste component. Well, don’t be mistaken, This is it,Every year in May, American gardens start competing for attention. Shrubs, trees, borders, flowers…all must look their best and upstage the neighbors’. Americans love their gardens and need recognition from your senses.


This is where the Mulch comes in.
 One morning you awaken to the sound of a super-powerful engine, You open the window and in one instant your lungs appraise the seriousness of the situation. Armed with a gun of sizable dimension connected to an endless supply from a truck, two men with masks (for survival purposes), one standing by the truck, the other one holding the deadly weapon, liberally spray the brown, pestilential substance on all vegetal organisms in sight.
You hurriedly close the window and run to switch on the TV in the hope that the News will already be dealing with this terrorist attack of a new kind, failing which calling 911 will become your responsibility.
It is the weekend and you most conveniently come across a program for gardeners. Disbelief and resignation sink in you as you learn of the perfectly legal existence and widely-recommended use of the pestilential  disgrace you have just caught a sniff of: the MULCH, a rustic mixture of wooden chips and manure, designed to turn any depressive border into a blooming wonder. Greener than green, this is the mulch’s motto.
Should you be hoping that, come Monday, your respiratory system may find some rest, then you are very wrong, You are indeed going to feel sorry that your office enjoys  such a green setting,  Mulch will be striking mercilessly all week. Graduation time is in three weeks, A green campus is an absolute must.  Your distressed comments will be met by your native colleagues’ full- of- patriotic pride, unequivocal reply: ‘it’s the Mulch”.
What more can you say?

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